TRIP | OKINAWA Connecting People – part 1 [AWcanette]
On
Après Nara, nous arrivons enfin à la partie okinawaienne du voyage, soit presque la fin! Petit récap ici
| En quelques chiffres, Okinawa c’est: | Pour vous donner une idée, Kyoto c’était : |
| 6 jours; | 4 jours; |
| 5 nuits; | 4 nuits; |
| 24 pages de mon journal. | 5 pages de mon journal pour un résultat de… |
| – | …3 articles sur le blog publiés sur une période de… |
| – | …3 semaines. |
Or je n’ai plus la force ni la patience d’écrire un roman donc on va devoir la jouer vite fait bien fait.
Courbe émotionnelle

Cette courbe a pour vocation d’illustrer mon état d’esprit quand je voyage (seule, en l’occurrence). Peu importe le pays, c’est toujours le même schéma qui se reproduit: d’abord l’excitation, parce que c’est les vacances, parce que t’as pas ton chef sur le dos, parce que les grèves de la SNCF disparaissent momentanément de ta routine.
Cette joie s’intensifie au fil des rencontres, de la météo, des activités et découvertes, jusqu’à atteindre un point culminant. Puis le spleen prend place, sans crier gare: tu te retrouves à sombrer dans les marécages de la mélancolie (oui, comme Artax le cheval blanc de l’Histoire sans fin) parce que tu changes d’endroit, c’est pas aussi jolie, la nourriture n’est pas aussi bonne, la météo est nulle, tu tombes malade… Puis enfin, un sentiment mitigé : contente du voyage passé mais aussi hâte de rentrer.
Le séjour à Okinawa correspond à la partie descendante de la courbe, ainsi qu’au début de la remontée.
Qu’ai je fait de beau? à Okinawa?
D’après mon journal du capitaine Némo, j’ai passé mon temps à chialer ma race, me plaindre et me faire chier (comment résumer en une phrase 15 pages de carnet… et écrémer par la même occasion une bonne partie du taf). Mais entre deux séquences de pathétique larmoyage*, il y avait malgré tout quelques petits trucs à raconter.
*Quand, par exemple, je me suis retrouvée à manger une barquette de riz toute seule sur un banc de station de métro ou quand mes ballerines en caoutchouc me coupaient la circulation sanguine lors de mes longues balades… ce genre de petits tracas.
Naha : coup d’envoi de la déprime
Quand on pense Okinawa, on pense plages de sable blanc, eaux turquoise, végétation luxuriante et couchers de soleil somptueux. Sauf que quand t’arrives à Naha, capitale de l’ile, c’est comme si tu débarquais au Havre : c’est gris, c’est moche, c’est triste et démotivant. Si j’avais su, je me serais organisée autrement notamment pour rejoindre un coin plus sexy* d’Okinawa. Hélas, plus de temps ni d’argent.

*un coin avec un look carte postale, en gros.
Asahi Guesthouse, sociolize mode ON
La Asahi Guesthouse est loin d’être aussi creepy que les photos du site de réservation laissaient entendre. C’est chaleureux, spacieux, rustique et les occupants y sont très accueillants. Ici, c’est team Japon à 100% (enfin, 99… j’ai fait baisser les stats en arrivant) donc pour la communication, il faut soit bredouiller soit mimer soit inventer mais SURTOUT, placer des sourires colgate qui détendent l’atmosphère instantanément.
L’un des occupants, celui qui donne l’impression d’être éternellement bourré en raison de ses yeux rouges et de sa diction lente, est l’expert en bouffe. Je ne me rappelle plus de son prénom mais je me souviens très bien du « oui » qu’il m’a répondue quand je lui ai demandé s’il était cuisinier dans une autre vie. On a eu droit à des repas… djizeuss kwaïst!!! J’en bave encore 🙂

Il va falloir me croire sur paroles parce que c’est la seule photo que j’ai… et elle n’est pas très révélatrice du festin…
C’est lui qui préparait systématiquement le diner et tout le monde pouvait manger, moyennant une participation de 200 à 500 Y. Ça, je ne l’avais pas compris tout de suite donc je faisais mes propres courses au début, me disant que ça ne se faisait pas de s’incruster à chaque repas, ce n’était pas la fête du slip en gros. Un soir, il me demande si je mange avec eux ; mon estomac hurlait « OOUIIIIIII, PITIÉÉÉÉÉÉÉ, OUIII, JE VEUX JE VEUX JE VEUX!!!!! » mais ma bouche a dû sortir un truc du style « non merci, j’ai ce qu’il faut ». J’ai retenu mes larmes et ma bave, et suis montée dans la chambre manger en cachette mes deux pauvres onigiri pendant que les autres s’enjallaient de rôti de porc et autres victuailles.
Kiyo ma colloc’ de chambre avait quitté Tokyo depuis l’incident Fukushima, 2 ans auparavant. Quand elle a su que je venais de France, elle m’a sortie 3 peluches flat Eric. J’aurais tué pour des peluches comme ça à l’époque où Mr OIZO était sorti…

Le salon de la guesthouse est un bon endroit pour échanger avec les autres mais aussi chiller sur un canapé ou un tatami en matant des émissions de TV improbables. Parmi elles, les incontournables émissions de cuisine, où les plats sont filmés en gros plans et scintillent dans tous les sens. Et te font baver. J’ai également retenu une émission du style « saurez-vous deviner mon métier chelou?« .
En effet, un épisode portait sur une nana qui se faisait l’équivalent de 1600€ par mois à appeler des mecs pour leurs souhaiter bonne journée. En gros ces messieurs – généralement des salary men célibataires – payaient ses services pour que chaque matin, elle appelle pour sortir un truc du genre « coucou mon lapin, comment ça va aujourd’hui?… Bon alors passe une bonne journée, sois prudent hein?! ». L’autre épisode parlait d’une dame qui dans le même style, était payée par des gens pour faire la conversation au téléphone. Ça donne:
Client: Hey, je t’ai pas raconté?
Elle: Non, quoi???
Client: bla bla bla bla
Elle: AH BON!??
Client: ouais, et même que bla bla bla…
Elle: hahahah, c’est pas vrai, t’as pas fait ça?!
Le Péruvien du Shuri Jo
Petite sortie pour me rendre au château de Shuri, visiter les édifices et me poser dans le parc alentour, au milieu des canards, des tortues, des chats… tout ça en liberté. Le coin est joli, paisible et avec la hauteur, j’ai une vue imprenable sur le littorale et la ville. A un moment donné, j’aperçois du coin de l’oeil un homme au faciès de Péruvien. Il continue de marcher au point d’être bien dans mon champs de vision puis il s’arrête au droit de la balustrade et commence à s’étirer. Forcément je le regarde faire. Puis il retire sa casquette qui masquait jusqu’alors une sacrée calvitie.

Forcement je regarde. J’observe avec beaucoup d’attention parce que j’en n’avais jamais vu des comme ça avant. J’étais tellement hypnotisée que lorsque 2 nanas m’ont abordée, j’ai sursauté.
Je ne suis pas Rihanna
Deux jeunes femmes charmantes et chaleureuses, Sakiko et Sumire, m’abordent pour savoir si j’écris une chanson. Mon journal du capitaine Némo, qui me suit partout, intrigue souvent les gens et permet de lancer une conversation. On m’a souvent demandé pourquoi j’écrivais ou alors cherché à lire par dessus mon épaule. Mais écrire une chanson? Première fois.
La plage mytho, Naminoue
Purée quand il pleut ici, il pleut! Malgré la pluie torrentielle, je me suis décidée à sortir car après tout, c’était mon dernier jour à Okinawa et ma dernière occasion de voir la mer. Par conséquent, hop! direction Naminoue beach, la seule plage de la ville accessible à pieds. Je dois être touchée par la grâce des dieux car aussitôt le nez dehors, plus une goutte ne tombait.
Après 20 minutes de marche, j’arrive à destination: quelle déception!! Une toute petite plage de merde avec vue sur une rocade, ouaaaiiiis! Bref, je décide de tremper mes pieds 5 secondes, faire 2-3 photos et me casser.

Ta daaa! La PLAGE!
En me dirigeant vers le bord de l’eau, j’entends quelqu’un m’interpeller. Je tourne la tête et je vois au loin un groupe de gens dont un qui se tient debout à me faire de grands signes. Je change ma trajectoire et marche vers eux. Mon nez a compris la situation bien avant mes yeux: à l’approche du groupe, une sacrée odeur d’alcool se fait sentir. Puis je remarque que ces personnes ont la peau rouge, les yeux rouges et l’air joyeux. Voilà, je me suis faite happée dans un nomikai (beuverie).
Euh, chérie? Ça va couper.
Cette réplique, qui vient s’insérer dans le texte tel un cheveu sur la soupe, je l’ai piqué au film « La cité de la peur ». En effet, le post devient trop long à mon goût. Je sens que je vous perds, là. Même moi, je me suis auto-perdue donc on se donne rendez-vous plus tard pour la suite.
A plus!
Chrys Prolls