FUNKY MONDAY | #21 RANL, la rappeuse improbable #www

Pour ce Funky Monday, je vous propose du rap, de l’anime, du sado-maso, du cute : ça fait 4 en 1, mieux que le meilleur des shampoings. Voilà pour le pitch…

Ranl, la #wonderful #wild #woman ou #www

Artiste nippone découverte il y a quelques années au hasard de mes pérégrinations youtubiennes. À l’époque, je vagabondais régulièrement sur le net en quête de musique japonaise, histoire d’habituer mon oreille à la langue et aussi pour enrichir ma bibliothèque musicale.

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# WILD : un style particulier

Première chose qui m’interpelle : son nom. Un nom bizarre, qui n’évoque rien, qui ne “ressemble à rien” et qui est difficilement prononçable, toute proportion gardée. Que tu le dises à la française « RANLE » ou à la japonaise « LANLU », ça sonne comme si tu te gargarisais à la Listerine… Bref.

Deuxième chose qui me frappe : son style. À la première écoute, ça irrite un peu. Cette petite voix aigue typique des personnages féminins d’anime perce doucement les tympans et pourtant, sans que je ne me l’explique, je laisse couler l’album (de mémoire, je faisais une chose en parallèle donc mon attention n’était pas focalisée sur la musique).

Puis je tombe sur Slave Rock : « You are my slave dog, don’t move don’t look at me don’t speak out… »

Un titre évocateur, des paroles acérées et explicitement perverses… sur fond de kawaii. Slave Rock, c’est le morceaux-crochet, celui qui te fait dire « c’est peut-être pas mal, voyons ça de plus près ».

Et puis soyons honnêtes, cela permet d’enrichir son vocabulaire de mots que jamais aucun livre ne voudra t’apprendre : un hizamazukinasai「跪きなさい!」- mets toi à genoux – certes difficile à placer, peut toujours être utile en temps voulu.

# WOMAN : Ranl, anime umare, hip-hop sodachi*

* Née dans les anime, élevée dans le hip-hop

Peu d’information au sujet de son identité ou de son parcours. Dans la vraie vie, elle est peut-être caissière chez Family Mart ou professeure de violon… Toutefois, sur scène, à en juger ses avatars ou ses paroles, je n’aurais aucun mal à croire qu’elle soit réellement l’infirmière sexy qui s’adonne à des pratiques douteuses. Bien entendu j’invente mais au Japon, les artistes à la double-vie insoupçonnée sont monnaie courante.

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Ranl, c’est surtout la rappeuse virtuelle mêlant étrangement mais intelligemment hip-hop et animation. Non pas que ces deux univers soient séparés d’un mur épais surmonté de barbelés, mais leur association demeure peu courante et pas spécialement envisageable de prime abord.

# WONDERFUL : la mixtape Service Time

Avec de nombreux featurings et autres collaborations, Service Time reste son œuvre majeure. Ranl pose sa petite voix aigue et nasillarde sur des sons hip-hop ou électro. On y retrouve des thèmes délirants, des styles variés (sombre, loufoque…), des paroles allant du mignon et candide au sado-maso dépravé en passant par le pipi-caca.

Une première écoute plutôt passive fait ressortir les extrêmes et incongruités. La deuxième écoute, plus attentive, permet de relever l’originalité des paroles, l’adresse du flow et des instrus. Sa signature kawaii est une réelle prise de risque mais se révèle malgré tout ingénieuse car on ne tombe pas dans le gnan-gnan, chiant, mal fagoté…

En résumé, Ranl joue beaucoup de la frontière entre mignon et pervers, c’est la rappeuse lolita en quelque sorte.

Chrys Prolls

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