COUP DE ♥︎ | LUCIFER – le diable ne s’habille pas qu’en Prada

【Halloweird week 💀】

Le diable s’habille peut-être en Prada, mais il sait parfois lâcher le chic pour faire place au choc… Adieu escarpins vertigineux et sacs de luxe! On enfile désormais baskets et baggy, et on enflamme sans vergogne le dance floor à coups de jacks, de farmers ou de loose legs.

Le coup de cœur du jour nous vient, non pas des enfers, mais de l’archipel nippone (quoique pas si différent sur certains aspects^^) : Lucifer, un démon au visage d’ange, un groupe de charmantes demoiselles au style endiablé.

Lucifer, qui sont-elles?

Erika Katsuki, Momoca Tanaka et Kazane Kasai, toutes trois de la région de Tokyo (Tokyo, Saitama), forment depuis près de 10 ans l’infernal trio Lucifer. Elles s’illustrent dans un style house agressif et puissant bien qu’agrémenté de finesse.

Lucifer house dance crew

Gauche à droite : Momoca, Erika, Kazane

Depuis la création du groupe en 2008, elles n’ont cessé de progresser et d’affûter leur style, non sans marquer les esprits à chacun de leur passage. Elles ont fortement crée la sensation en 2012, lors de la 19ème édition du Japan Dance Delight et ont par ailleurs marqué l’histoire de l’événement en étant le plus jeunes participantes à gagner un prix. Leur carrière montre une évolution de la scène kids* à un public plus large. Elles suscitent l’engouement général et reçoivent  un soutien de tous bords (OG et jeunes générations de la scène house, mais aussi les danseurs évoluant dans d’autres styles…).

La scène « kids » : au Japon, la danse Hip Hop chez les très jeunes constitue une scène à part entière. De nombreux événements sont organisés par tranches d’âge (les moins de 18 ans, 15 ans, 10 ans) ou par niveau scolaire (primaire, collège, lycée). Certaines manifestations ont leur équivalent « babies », « little ». De plus, on retrouve fréquemment une presse spécialisée et des sites web dédiés.

Lucifer house dance

Bien qu’ayant une belle dynamique de groupe, chacune d’elles s’illustre également sur le plan individuel :

Kazane (née en avril 96) fait son bout de chemin en solo, à travers des battles ou en tant que juge. Elle est également la plus présente sur la scène internationale, avec de multiples participations au Juste Debout et au SDK (République Tchèque).

Momoca (née en août 96) est actuellement dans une école de danse New Yorkaise. Son départ momentané affecte le groupe mais permet aussi à chacune de se focaliser sur les projets personnels.

Erika (née en février 97) s’est orientée vers la transmission du savoir aux plus jeunes : elle est instructrice dans plusieurs écoles et studios de danse, et anime régulièrement des workshops.

Lucifer, le diable qui se dissimule derrière l’ange

Sans vouloir m’aventurer trop loin dans les considérations religieuses et philosophiques, je trouve que le nom est bien choisi et reflète parfaitement le groupe.

Comme je disais plus haut, leur danse est plutôt brutale et très intense. C’est d’autant plus accentué que leur choix musical s’inscrit bien souvent dans la veine house-techno-trance. Dans les faits, alors que tu te dis naïvement qu’elles sont bien mignonnes et innocentes, BAM! elles t’ont coupé le souffle et réduit ton espérance de vie. Leur style est très percutant, très vif mais relevé de quelques notes de finesse, histoire que tu reprennes (un peu) ta respiration.

Lucifer house dance

S’il fallait décortiquer leur style, je dirais que c’est explosif puis doux, rapide puis posé. Les pas sont synchrones, en léger décalage ou isolés voire complètement distincts d’une danseuse à l’autre. On observe de nombreux mouvement amples ou ceux, à l’opposé, que l’on remarque à peine.

Tout ceci doit vous sembler bien banal à lire, étant donné que le principe même d’une bonne chorégraphie, c’est d’être variée en terme de tempo, d’espace et de créativité des mouvements. Or le trio Lucifer porte cela à un niveau tel que le spectateur est choqué en permanence. C’est beau, c’est stylé mais surtout choquant. D’où l’utilisation récurrente du terme « agressif ».

Les pas complexes sont exécutés en solo ; les pas simples sont répétés ou dansés sur une portion plus douce la bande son ; les pas puissants, quand le beat tombe… tout est magnifié, tout s’imbrique parfaitement avec la musique. En conséquence, la chorégraphie est visuellement belle, j’entends par là qu’il y a une réelle esthétique un peu comme un tableau.

Je vous laisse en vidéo, afin que vous jugiez par vous même. Peace!

Tokyo Dance Delight, 2014

Japan Dance Delight, 2013

Kazane judge demo, All Japan Super Kidz 2016

Chrys Prolls

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