TRIP | OKINAWA Connecting People – part 3 [AWcanette]
On
Moi qui pensais plier la partie du séjour concernant Okinawa en un article, voilà que je me noie en palabres. Pour resituer:
- La première partie est une vue d’ensemble, avec quelques moments mémorables et un gros focus sur mon état d’esprit.
- La deuxième partie est plutôt axée sur les interactions sociales (rencontres fortuites, les gens de la guesthouse)
- La troisième partie, que vous allez lire, est simplement la suite de la deuxième.

Clap clap clap, un déluge de logique, moi-même je m’étonne… Plus sérieusement, les articles 2 et 3 sont une sorte de bloc que j’ai préféré couper en deux pour plus de confort… Car je pense à toi, lecteur. Je ne veux pas que l’article te paraisse trop long, je ne veux pas que tu t’endormes dessus ou pire, que des toiles d’araignées se tissent sur tes cheveux. Reprenons donc le récit :
La vraie plage, je-sais-plus-le-nom
15 mai 2013, je vis mes derniers instants à Okinawa. Avec la pluie et la baisse de tonus, mon séjour à Okinawa n’était pas top mais sans m’en rendre compte, je m’étais vraiment attachée aux personnes de la Asahi guest house… et aux Okinawaïen en général. J’avais vécu de bons moments et eu bons échanges humains. Pour ce dernier jour, les gens de la guest house m’avaient emmenée à la mer du côté de Maeda, à 1h30 de route de Naha.
On en avait parlé la veille, genre “s’il fait beau, on va à la plage. La VRAIE plage, pas Naminoue…”. Quand ils me l’ont annoncée, je n’ai pas osé leur dire que je n’avais pas de maillot de bain avec moi ; j’ai donc fait croire que j’allais faire un saut à la supérette acheter un jus de fruit mais en vérité, j’ai filé dans la boutique la plus proche (et pas la moins chère :-/ ) pour acheter ma tenue.
Entré à la 1ère place du top 10 de la stupidité: voyager dans une île réputée paradisiaque SANS maillot de bain. Félicitations, clap clap clap!! On va pas remettre le gif du début de l’article mais l’idée est là…
Je leurs ai tout de même révélé que je ne savais pas nager mais ça n’a pas eu l’effet escompté car le matin du départ, je les vois s’affairer et sortir de l’équipement visiblement de plongée. Dans ma tête, je me dis “Euh… c’est quoi ce délire? On va à la mer pour faire quoi au juste? Hello, je nage comme un caillou les amis!!”.
Avec mon japonais bancale et leur compréhension limitée de l’anglais, ils ont compris que j’avais peur d’entrer dans l’eau. Je leur explique que je peux entrer, en revanche je ne suis pas à l’aise sous l’eau en mer donc adieu plongée. Ils me demandent pourquoi et je leur réponds qu’en France, l’eau de mer est sombre donc peu rassurante donc je ne suis pas à l’aise. Je me sens mieux en piscine.
Ah mais t’en fais pas, ici l’eau est claire comme à la piscine…
*Soupir*. Ok. 1, 2, 3… J’essaie de leur expliquer que ce n’est pas en un clin d’œil que je vais éliminer ma crainte des profondeurs et de la mer.
Ah, donc tu rentres pas dans l’eau. Tu vas juste regarder la mer en gros…?
Hmmm. Non. Je rentre dans l’eau. Mais je ne plonge pas, je ne m’immerge pas (je mime “immerger”).
Aaaah, mais t’en fais pas, tu ne seras pas immergée, tu auras la tête juste sous la surface… C’est du snorkeling! 🙂
Oui mais bon… Enfin bref. Sur le trajet, Satchi, Kyonen (son mec, mais accessoirement l’autre gérant de la guesthouse) et le Cuisto aux yeux rouges étaient inquiets au vu de la pluie qui tombait à verses, ce qui aurait compromis la journée; moi, dans ma tête, c’était alélouïa djizeuss, je criais victoire… Toujours est-il qu’il faisait super beau sur place donc je n’avais plus d’autres alternatives.
On gare la voiture, on sort les équipements et on marche vers le bord de l’eau. On s’arrête en haut d’une mini-falaise, style 5-6 m de haut, et le Cuisto lâche un “ça m’a l’air bien ici, non?”. Satchi et Kyonen acquiescent, moi je demande “mais comment se met on à l’eau?”.
“Bah tu sautes” me réponds le Cuisto. Je me fossilise instantanément puis j’ajoute : “Bon, vous savez quoi? Je vais vous attendre sur le parking et réfléchir à ma vie. Amusez-vous bien!”. Je n’étais pas du tout à l’aise étant donné que:
- ils m’avaient dit que l’eau serait claire comme à la piscine mais on était plus dans des tons bleu nuit ;
- il fallait littéralement se jeter à l’eau: vu que nous étions en haut d’une mini-falaise/rocher de 5-6 m de haut, le seul moyen était de sauter. Ça n’avait pas l’air de déranger mes compagnons et par ailleurs, il y avait quelques personnes en train de nager en contre bas, genre normal.
- je n’étais pas trop certaine de ce que couvraient mes assurances, notamment les blessures graves suite à gros plat à la surface de l’eau. Donc je voulais pas trop jouer les cascadeuses.
Satchi intervient pour plaider ma cause puis on se remet en route. On arrive à un bout de plage, le genre classique, le genre où la différence de niveau entre le sol et l’eau est d’à peu près 0.0001 mm. J’avais encore un résidu d’appréhension au moment d’enfiler l’équipement mais il s’est vite envolé, vu que l’eau était limpide, peu profonde et remplie de petits poissons mignons. C’est idéal pour les premiers essais au snorkeling, pour se familiariser avec le masque, le tuba, la respiration à la Dark Vador, tout ça… En fait, avec le tuba, vu qu’on respire tout le temps, ça me mettait plus en confiance pour nager même dans les endroits où je n’avais pas pieds (oui, parce que je nage, enfin la brasse quoi, comme une merde en plus. Très pratique en mer avec les vagues et le courant, etc…).

Après 30 min – 1h de barbotage, Kyonen et moi nous étions éloignons du rivage, au point d’arriver en pleine mer : à cet endroit, il fait plus froid, plus sombre et le sol se trouve brutalement à une profondeur plus importante (on passe d’environ 1m20 à 7-8m, BAM! comme ça). C’est aussi là qu’il y a le cœur de l’action: des poissons plus gros, plus variés, plus colorés, des coraux en tout genre. J’avais l’ego reboosté avec les premiers essais au snorkeling, donc je me suis dit que j’allais vaincre ma peur des profondeurs et avoir l’occasion de voir plein de créatures marines extraordinaires.
En effet, à peine je m’étais élancée que je croise un putain de serpent de mer qui se tortille en toute nonchalance à 1 m de moi!!!! Je fais une cabriole, de l’eau pénètre dans mon tuba, je commence à m’étouffer. J’essaie de nager vers la zone de sûreté mais je n’y arrive pas ; je fais du sur place (aah, la brasse en mer…).
Kyonen me tend la main et me tire vers la zone où je peux avoir pieds. De retour à la surface après cette minute d’égarement, j’explique à Kyonen non sans bégayer et gesticuler frénétiquement, que j’ai croisé un serpent. Il me répond – de la même manière que ta maitresse de CE2 pouvait te dire que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest – que ce sont des serpents de mer, qu’il y en a fréquemment, qu’ils sont venimeux et qu’ils mordent souvent…

Mec… C’est maintenant que tu me dis ça? Bref, je retourne barboter au milieu des petits poissons et des oursins avec Satchi, ma vraie BFF dans cette histoire.
Les okinawa soba
On interrompt l’activité, vol à 16h oblige puis on file dans un resto pour manger les fameux soba d’Okinawa. Pensant jusque là qu’il ne s’agissait que de “vulgaire” soba, je ne leur avais pas accordé d’importance durant mon séjour sur l’île. À mon plus grand regret parce que 1) ils n’ont rien à voir avec les soba qu’on connait et 2) c’était trop bon, des nouilles délicieuses et digestes à souhait, de la viande fondante!

… Et bye bye!
On rentre à la guest-house, je me douche et fais mes bagages. Mon sac, qui pesait 15 kg à l’arrivée à Naha, en pèse désormais 20… en ayant acheté un maillot de bain et récupéré une canette. Bref, je ne comprendrais jamais.
Je me préparais psychologiquement à trimballer tout ça jusqu’à l’aéroport mais mes acolytes m’ont proposée de me déposer ♡. La séparation fût vraiment triste, c’est dingue comment on peut s’attacher aux gens.
Il est 16h, l’avion décolle. Je n’ai plus aucune force… Tokyo, me revoilà.
Sur ce, peace.
Chrys Prolls