COUP DE ♥︎ | Jazztronik, il joue pas du piano debout mais…
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À la différence de Jerry Lee Lewis à qui France Gall rendait hommage en 1980, Jazztronik ne joue pas du piano debout non. Ça ne l’empêche pas d’être libre ou même heureux d’être là, malgré tout.
Libre, oui, car Jazztronik est une création hybride – située entre le groupe et le projet musical – du pianiste/producteur/DJ tokyoïte Ryota Nozaki. Les membres, tout comme le style musical, ne sont ni spécifiques ni précis. Arrivé sur la scène en 1998 sur le label Flower Records, c’est en 2003 qu’il attire l’attention médiatique.
Le titre “Samurai”, de l’album “Nanairo” (2004), est devenu l’un de ses plus grand succès dans le monde entier et a dominé de nombreuses charts de DJ comme Danny Krivit, Giles Peterson et Louie Vega.
Sa renommée s’est répandue à l’échelle internationale grâce au titre Samurai, faisant de lui le DJ japonais le plus connu dans le monde. Il a participé à des festivals comme Southport Weekender, et a également visité des villes comme New York, Paris, Londres, Manchester, Rome, Séoul, Shanghai, et des pays comme la Finlande, l’Estonie, la Slovaquie, la Croatie, l’Irlande, Singapour, etc.
Cross-over musical mêlant divers styles comme l’électro, le jazz, le classique ou encore la bossa, le style de Jazztronik est une sorte de kaléidoscope ; Nozaki le décrit en toute simplicité, comme étant un “non – genre”… Un non-genre parfaitement harmonieux! Pour vous donner une image, c’est un peu comme le maki-foie gras-mangue : intrigant sur le papier, doux sur les papilles.

Véritable caméléon, Ryota Nozaki intervient sur plusieurs fronts : créations studio, bandes originales de films ou séries télévisées, génériques de programmes TV ou encore en tant que mixeur et arrangeur pour d’autres artistes.
Compositeur et producteur, Ryota a crée des bandes originales pour des séries télévisées japonaises (drama) telles que “Miraikoushi Meguru”, “Real Clothes”, “Love Game”, et des films comme “Miyagino”.
En tant qu’arrangeur, il a travaillé et remixé pour des artistes comme Mondo Grosso, Taro Hakase, M-flo, Crystal Kay, Ringo Shiina, Ryukyu Disco… Ses régulières soirées DJ set à Tokyo comme “Jazztronica !!” @THE ROOM et “Love Tribe” @AIR TOKYO, sont toujours bondées de personnalités et de fêtards.
Le talent, Nozaki l’a développé dès l’enfance – avec une mère professeure de piano – et nourrit à l’adolescence. Inscrit dans un cursus spécialisé à l’université, il écoute beaucoup de hip hop, de pop, de dance et vagabonde régulièrement dans les clubs indies ; c’est de là que vient ce côté “mélange des genres” caractéristique de Jazztronik. En parallèle, il crée ses propres sons dans un style plutôt techno, en geekant sur son synthé. (Interlude : moi tu me dis synthé et lycée/université, je n’ai qu’une image en tête:

… fin de l’interlude).
Heureux d’être là, malgré tout. “Qui donc?” me diriez-vous! Eh bien moi (surtout mes oreilles), eux (les musicos, le public), vous (lecteurs et futurs admirateurs?), Pharell Williams (toujours happy, ce gars) mais surtout, Ryota Nozaki.
C’est par hasard et pas rasé (1) qu’il s’est pointé au club de jazz Blue Note à Tokyo, et a demandé à rencontrer le violoniste Tarou Hakase, alors en représentation. Il lui a donné sa démo, au culot (2). Hakase le rappel le lendemain pour dire “c’est bien ce que tu fais, tu peux te pointer la semaine prochaine?”. Et voilà, Jazztronik était né…
Quant au nom Jazztronik : un peu arrivé comme un cheveux sur la soupe. Nozaki était désireux de faire transparaitre le mélange de genres, entre les musique électro et sa formation classique. Aucune signification profonde n’y est attachée ; juste une volonté d’avoir un nom gaijin-friendly ( pour les labels ayant un scope en dehors des limites de l’archipel).
(1) C’est pas vraiment du hasard mais j’aime bien cette expression!
(2) Je suis bien curieuse de voir à quoi ressemble le culot japonais, entre les courbettes, les kudasai et les gozaimasu. Après, on peut être culotté et méga poli…)